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Archives départementales de la Côte-d'Or

La salle de lecture de l'annexe, 41 quai Gauthey, sera fermée exceptionnellement au public le vendredi 26 juillet 2024.

Les abbayes sont, jusqu’à la Révolution, de grands propriétaires fonciers. Leurs archives conservent les documents de gestion de leurs seigneuries, qui sont aussi des sources indispensables, et parfois exclusives, pour les localités qui étaient dans l’orbite de l’abbaye.
C’est ainsi que l’on trouve, dans le fonds de l’abbaye cistercienne de Fontenay, des pièces d’archives utiles pour connaître l’histoire ancienne de la commune d’Éringes, située à 12 km à l’est de Montbard.
Ces documents ne servent pas seulement à écrire l’histoire de la féodalité ou de la propriété foncière : ils racontent la vie même des habitants – bien davantage, d’ailleurs, que celle des moines !
Au fil des actes, on découvre le nom des habitants et des lieux (microtoponymes), le cadre matériel de la grange, du four banal. On a le détail des plantes cultivées et des animaux élevés ; on sait que le bois pouvait servir à la construction (et pas seulement à faire des paisseaux ou à se chauffer). On devine les conflits avec les villages voisins, on prend conscience du poids des redevances (à comparer avec les impôts, les fermages et les taxes d’aujourd’hui).
Il est possible aussi d’avoir une idée sur les aspirations spirituelles : avoir la messe dans son village, sans avoir besoin de se déplacer dans le village voisin ; faire dires des messes de suffrage pour le repos de son âme. Les termes des redevances donnent une idée du rythme des travaux et des jours.

 

Maintien de l’abbaye de Fontenay par le roi Charles VII en possession de la grange d’Éringes
 

14 NUM 001/752
ADCO, 14 NUM 001 / 752 Vue aérienne de l'abbaye de Fontenay

 

Le Roi interdit aux habitants des paroisses voisines d’Éringes, de venir couper et prendre du bois (que ce soit pour « maisonner » [construire], chauffer ou faire paisseaux) dans le territoire de la grange de l’abbaye de Fontenay, à Éringes.
Les habitants de Grignon, des Granges-sous-Grignon, Ménétreux-le-Pitois, Seigny et Benoisey sont désormais prévenus...
Éringes est situé à 13 km au sud-est de l’abbaye de Fontenay.

 

15 H 165
ADCO, 15 H 165 - 1453
 

Accord entre l’abbaye de Fontenay et les habitants d’Éringes reconnaissant que le bois dit le Laris des Fays est sous la juridiction de l’abbaye
 

15 H 113
ADCO, 15 H 113 - 1478

 

15 H 113
ADCO, 15 H 113 - 1478 Zoom

 

Ce bois est orthographié Le Larris des Fées au dos de l’acte (mention postérieure) : entre les fays [hêtres] et les fées, la différence est de taille, mais la fin du Moyen Âge et l’époque moderne ne s’embarrassent pas toujours de ce genre de détail étymologique – d'où parfois des confusions si l'on prend l'orthographe du temps au pied de la lettre.
Il est proche des Grand Bois d’Éringes et pas très loin de la grange de l’abbaye.
Les habitants se seraient bien vu profiter librement des ressources de ce bois, mais, à l’issue du procès, l’accord intervenu est en faveur des moines, même si les habitants de Ménétreux-le-Pitois y ont aussi des droits.

 


Vue des Grands Bois, vers 1913

 

Bail à cens par l’abbaye de Fontenay d’un buisson sis au lieu-dit En Charme, à Éringes, à Étienne Laurent et aux frères Bouquin
 

Ce buisson (taillis ?) est délimité par le Vault d’Éringes, Es Roiches devers Choisey, la « justice de M. de Grignon » (les fourches patibulaires du seigneur voisin) et devers le pré Dyer.
L’ensemble représente une surface de 12 journaux.

 

15 H 115
ADCO, 15 H 115 - 1507


Amodiation par l’abbaye de Fontenay de ses biens d’Éringes
 

Les grangiers de l’abbaye, qui appartiennent aux familles Brenot, Rebourd, Sirot, Bocquin et Saichenot, reconnaissent prendre à bail les « meix, maisons, granges et heritaiges sis audit Éringes », qui consistent en « pourpris, granges, maisons, jardins, vergers, vignes, chenevieres et clout ».
Le bail détaille les redevances dues à l’abbaye à la Saint-Martin d’hiver (11 novembre). Le texte mentionne des lieux qui ont parfois conservé leur nom, à peine déformé, aujourd’hui : « les bois de Champ Mouchou, buissons devers le Larrée de reüsseille ». La dîme est de 5 % de la production (« de vingt l'un ») pour les gerbes, la laine, les agenaux. Les habitants ont le droit de prendre du bois de construction « en un bois vulgairement appellé La Fertille etant pres de la grange du Jailly ».
Cet exemplaire provient du fonds de la chapelle (puis paroisse) d’Éringes.

 

G 3969
ADCO, G 3969 - 1531

 

Amodiation par l’abbaye de Fontenay de ses biens d’Éringes
 

15 H 114
ADCO, 15 H 114 - 1571

 

Cette copie contient deux textes : le document précédent, de 1531 ; et un document de 1571, qui concerne Petit-Jailly. Elle est issue du fonds de l’abbaye, alors que le document précédent provient du fonds de la paroisse, donc des habitants. On a ici l’exemple de deux exemplaires du même texte, conservés par les deux parties de l’acte.

 


Église d'Éringes au début du XXème siècle


Accord entre l’abbaye de Fontenay et le curé de Fresnes pour la desserte de la chapelle d’Éringes
 

Éringes n'était alors pas une paroisse et sa chapelle dépendait de la paroisse de Fresnes, dont le curé assure la desserte.
Girard Bergerot, l’ancien  curé, est mort. Le nouveau curé, René Sirot, estime qu’il ne peut pas desservir Éringes, dont les habitants doivent venir assister à la messe à Fresnes. Ou alors il lui faut un vicaire, mais les revenus de la paroisse ne sont pas suffisants pour entretenir deux ecclésiastiques. L’abbé de Fontenay, collateur (c’est-à-dire titulaire du droit de nomination du curé), prétend le contraire.
Pour transiger, l’abbé abandonne une partie des dîmes de la paroisse ainsi qu’une « contrée de terre assize au finage dudit Esringe appelle la contrée du Larris de Faye » au curé afin que ces revenus supplémentaires lui permettent d’entretenir un vicaire.

 

15 H 116
ADCO, 15 H 116 - 1623

 

« Mémoire des fondations de l'annexe d'Eringe »

 

G 3969
ADCO, G 3969 - Fin XVII-XVIIIème siècle

 

Ce court document, que les prêtres durent plier et mettre dans leur poche, comme en témoignent pliures et salissures, récapitule les messes de fondation qui doivent être célébrées dans l'église d'Éringes, annexe de celle de Fresnes.
Ces messes étaient dites chaque année pour le repos de l’âme du fidèle qui l’avait fondée, c’est-à-dire dotée par testament.
En janvier, une messe basse (c’est-à-dire non solennelle) doit être célébrée dans l’octave de la Saint-Antoine (soit dans les 8 jours après le 17 janvier) pour Antoinette Sirot. Le prêtre reçoit une rente annuelle de 10 sous versée par René Bouquin, héritier de la défunte, qui doit aussi lui donner un plat de blé. Ainsi le ministre de l’autel vit-il de l’autel.
Ces pratiques de fondation reposent sur le caractère propitiatoire de la messe dans la théologie catholique, acte sacrificiel offert à Dieu en vue d’obtenir la rémission des péchés.
Ce document permet d’apprécier la ferveur des fidèles à l'orée du siècle des Lumières.

 

Revenus et droit de la seigneurie d’Éringes
 

Ce manuel des droits et revenus de la seigneurie d’Éringes est établi par Claude François Bauchelin, ci-devant fermier des droit et revenus dépendant de la seigneurie d’Éringes et par ailleurs marchand demeurant à la papeterie de Touillon.
C’est à cet homme d’affaires local que Mgr de Vogüé, évêque de Dijon et abbé de Fontenay, avait confié la perception des droits de l’abbaye pour sa seigneurie d’Éringes.
La dîme des gerbes est de 10 % pour les céréales de la montagne et de 5 % pour celle de l’enclos. Sont à 5 % les dîmes de poix, vesces, haricots, navettes, vin, chanvre, laine et agneau.
La grange de la seigneurie « pour resserrer les grains provenant desdittes dimes » (grange dîmière), est située près du village.
Le four banal, « ou se doivent cuire toutes les pâtes des habitants », est doté de 8 poids.
Les habitants payent leurs redevances à la Saint-André (30 novembre).
Les habitants doivent chaque année une corvée « pour conduire et charoyer les grains provenant des dimes d’Éringes au petit Fontenai de Montbard » ; il s’agit du Petit Fontenet que les abbés s’étaient fait construire à Montbard.
Ce document synthétique donne une photographie de la seigneurie d’Éringes, dont l’abbaye de Fontenay demeure titulaire, à la fin de l’Ancien Régime.

 

15 H 115
ADCO, 15 H 115 - 1784

 

3P PLAN 256
ADCO, 3P PLAN 256 Le cadastre d'
Éringes : tableau d'assemblage - 1831

 

3P PLAN 256
ADCO, 3P PLAN 256 Le cadastre d'
Éringes : le bourg - 1831
 

 

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