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Archives départementales de la Côte-d'Or

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Avril - Salima Machamba, Reine de Moheli et agricultrice à Cléry

carte_archipel

Salima Machamba bint Saidi Hamadi Makadara (Ursule) est née en 1874 dans l’île de Mohéli, dont elle devait devenir reine à la suite de sa mère Djoumbé Fatima.

Mais cette île de l’archipel des Comores n’est pas très éloignée de la Réunion ; c’est là qu’elle est élevée, qu’elle trouve l’amour et qu’elle perd sa couronne. Elle épouse en effet, en 1901etat_civil à Saint-Denis de la Réunion, un gendarme, Camille Paule. Elle était métisse, puisque sa mère avait épousé Émile Fleuriot de Langle (1837-1881), lui-même fils d’amiral. Mais un gendarme ne fait pas un aussi présentable prince consort. C’est en tous les cas ce que la République lui fait comprendre… Salima choisit l’amour, donne son trône à la France, reçoit une pension d’État de 11.000 francs net ; ainsi se construisit, pièce après pièce, l’Empire colonial français. L'ex-reine s’installe dans le pays de son mari, à Cléry, aux confins de la Côte-d’Or, du Jura et de la Haute-Saône, où elle donne naissance à trois enfants.

 

genealogie

En octobre 1943, le Secrétariat d’État aux colonies demande au préfet les pièces qui lui semblent justifier le maintien du secours, porté à 12.000 francs en 1939 par le gouverneur général de Madagascar, accordé à cette discrète agricultrice. De sorte que la reine (parfois appelée princesse) de Mohéli a son dossier dans les archives de la préfecture de Côte-d'Or. On y apprend que Louise est mariée à un minotier en captivité, que Louis, sous-officier, est également en captivité et que Fernand aimerait devenir inspecteur de la Police nationale. Le couple mène, selon les Renseignements généraux, une « existence modeste et laborieuse » ; « Mme Machamba, decesentièrement assimilée aux idées françaises, a une attitude loyale à l’égard du Gouvernement du Maréchal ». « Ils vivent en gagne-petit dans un intérieur modeste, mais propre et ordonné ». Aux 11.000 francs de pension (il semble que la décision de 1939 n’ait pas trouvé d’exécution, probablement du fait de la guerre) s’ajoutent les 6.692 francs de retraite du gendarme et les 2.000 francs de revenu de la ferme.

 

La reine de Mohéli meurt en 1964. Elle est enterrée à Pesmes (Haute-Saône), où elle s'était retirée une fois devenue veuve. L’une de ses petites-filles, Anne Ursule, princesse de Mohéli (Madame Anne Etter), née en 1941 à Dijon, chevalier dans l'ordre national du Mérite (France), est, depuis 2009, chancelier de l’ordre de l’Étoile de Mohéli (Comores) et présidente de l'association « Développement des Îles Comores ».

 

 

 

Liste des documents présentés

lettre

Copie de la lettre adressée par le gouverneur de Mayotte à la supérieure des sœurs de Saint-Joseph de Cluny annonçant la mort du prince Bakoko
Le gouverneur de Mayotte a informé son collègue de Madagascar du décès de Bakoko, frère de Salima Bachamba. Il prie la supérieure de transmettre ses « regrets » à la Reine.
20 février 1901 (copie de 1943)
ADCO, W 22439

 

Acte de naissance, à Cléry, de Louis Camille Paule, fils de la reine de Moheli
1er septembre 1907
ADCO, 2 E 87/7

 

Généalogie de la reine de Mohéli
194RG3
ADCO, W 22439

 

Note du chef de service des renseignements généraux de Dijon sur l’ex-reine de Moheli
3 janvier 1944
ADCO, W 22439

 

« Avis de décès de S. M. Ursule Salima Machamba Ie »
Le Bien public, 10 août 1964, p. 4
ADCO, PER 160/209

 

Pour en savoir plus : Anne ETTER, A Salima de Mohéli, dernière reine comorienne, la fidélité d’une petite-fille, Editions KOMEDIT, 2012.

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