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Août - L'Archéodrome reconstitue la tombe de Vix en 1985

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De 1978 à 2005, l'Archéodrome de Beaune, parc archéologique situé sur l'aire de repos Beaune-Merceuil de l'A6, a présenté aux voyageurs le patrimoine archéologique de Bourgogne grâce à des reconstitutions grandeur nature et à des copies d'objets conservés et exposés dans les musées bourguignons. En 1985, la direction de l'Archéodrome décide de reconstituer la tombe de Vix. La mise en oeuvre est confiée à Jacques Valentin, l'architecte-concepteur de l'Archéodrome, qui propose alors des esquisses et des dessins de présentation.


53 J 22 L'Archéodrome et ses reconstitutions extérieures (aquarelle)

 

La tombe de Vix est une sépulture princière à char datant de la fin du VIe siècle avant J.-C. (Hallstatt final) qui a été découverte en 1953. En effet, en janvier 1953, Maurice Moisson qui dirige les fouilles menées par la société archéologique de Châtillon, découvre un caveau recouvert par un tumulus de 38 mètres de diamètre. Il en informe aussitôt René Joffroy, président de la société archéologique locale. Des fouilles sont alors entreprises ; elles révèlent qu'il s'agit de la tombe d'une femme âgée d'une trentaine d'années qui contient un mobilier de très grande qualité. 

Reconstitution Graboffen
Reconstitution virtuelle de la tombe de Vix, Musée de Châtillon 

Reconstitution chambre
Vue de la chambre, Musée de châtillon 


FRAD021_53_J_179_001Fruit d'une étroite collaboration entre les directions des Antiquités de Bourgogne et la Société des Autoroutes Paris-Rhin-Rhône, la réalisation de l'Archéodrome a été confiée à l'architecte Jacques Valentin. Ce dernier a fait don de toutes ses archives concernant l'Archéodrome aux ADCO. C'est à l'occasion du classement de ce fonds (53 J) que ces documents ont été (re)découverts.

53 J 179 Photographie de la reconstitution

La dépouille mortuaire repose sur un char de parade à timon. Elle est parée d'un diadème, de colliers, de fibules et de bracelets et elle est entourée de multiples offrandes (dont le célèbre vase).

 

FRAD021_53_J_148_002Les documents présentés se rattachent tous à une phase précise du travail de l'architecte. Lorsqu'il commence à travailler sur un nouveau projet, l'architecte réalise tout d'abord une étude d'esquisses afin de définir ses idées. Au cours de cette phase préparatoire, son imagination s'exprime librement à travers différents dessins. Jacques Valentin exécute ainsi une série de croquis et d'esquisses puis un rendu mettant en scène la reconstitution de la tombe de Vix. Les dessins de conception sont des témoignages précieux du processus de création de chaque architecte et lèvent le voile sur le fonctionnement de son imagination : ils sont le reflet de sa méthode de création. Le croquis est caractérisé par sa rapidité d'exécution, d'où son apparence inachevée. Il sert avant tout à fixer les premières idées : c'est un véritable outil de travail.

53 J 148 Croquis réalisé au crayon 

 

FRAD021_53_J_148_001Au contraire du croquis, le rendu est un dessin de présentation. Il a vocation à être montré au client pour emporter son accord. Ce type de dessin cherche avant tout à « faire vrai » et permet à l'architecte d'étudier la structure générale de l'ouvrage à réaliser et d'en saisir la volumétrie. Dans ce but, l'architecte utilise perspective et ombres ; il mobilise diverses techniques picturales (principalement gouache, aquarelle et acrylique) et ajoute parfois des personnages. Véritable témoin de la maîtrise artistique de l'architecte, ces dessins sont bien souvent considérés comme de véritables oeuvres d'art. Le rendu exposé est exécuté sur calque à l'aquarelle. En regardant de plus près, des traits de crayon apparaissent : Jacques Valentin a d'abord défini les volumes au crayon avant de travailler le détail à l'aquarelle. La lumière qui descend du ciel sur la reconstitution du tombeau offre un contraste saisissant, ce qui confère une ambiance mystérieuse à la scène.

53 J 148 Rendu exécuté à l'aquarelle sur calque

 

FRAD021_53_J_161_001Une fois la conception générale de la reconstitution achevée, Jacques Valentin s'intéresse à la restitution de la dépouille mortuaire. Il faut fabriquer un squelette et surtout l'habiller. Il travaille ici en étroite collaboration avec les archéologues. Aucun textile n'ayant été conservé pour la région, les archéologues proposent de s'inspirer de découvertes et de recherches effectuées en Europe du nord en utilisant notamment les données fournies par le musée du textile de Neumünster. Jacques Valentin réalise ainsi une esquisse du manteau en lainage tissé (Croquis 53 J 161). Il contacte ensuite un atelier de tissage qui lui envoie un échantillon au dessin écossais (Tissu 53 J 161). Le travail de conception s'achève et, après quelques mois de travaux, les visiteurs peuvent admirer la tombe de Vix… à Beaune !

53 J 161 Échantillon de lainage pour le manteau
 

 

FRAD021_53_J_161_002 Vase de Vix

53 J 161 Crayonnés de recherche pour le manteau

Vase de Vix, musée de Châtillon sur Seine, Photo : Geoffroy


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