Jules et Marius, deux Côte-d'Oriens dans la grande guerre (page 10/15)
Marius - L'ennemi stigmatisé

L’ennemi stigmatisé

 

 

Faits remarquables des campagnes du 407e régiment d’infanterie

Le 407e R. I. fut constitué le 1er avril 1915 au camp du Valdahon (Doubs) presque uniquement avec des jeunes recrues de la classe 1915 encadrées par des soldats un peu plus anciens dont Marius Jayer et ayant déjà été au feu.
De mai à juillet 1915, le nouveau régiment combat dans la région de Reims. Puis le régiment est engagé dans le secteur de Neuville Saint Vaast dans l’Artois. Il participe à plusieurs attaques sanglantes. Relevé le 7 octobre 1915, les pertes totales de la troupe se montent alors à 1.229 tués, blessés ou disparus. Le 407e est ensuite engagé vers Arras.


En 1916 après plusieurs positions tenues en Artois, le 407earrivait à Verdun, pour prendre, en pleine bataille, dans la nuit du 12 au 13 juin, le secteur de Vaux-Chapitre avec l’ordre suivant : « Tenir jusqu’au dernier».

« Malgré les jours et les nuits passés sans repos, sans ravitaillement, buvant leur urine, vivant pourtant, mais à côté de leurs camarades morts auxquels il n’était même plus possible de donner un pauvre linceul de terre, les poilus du 407e exécutèrent sans faiblir la consigne reçue et quand, le 23 juin 1916, l’armée du Kronprinz allemand déclenche avec des forces considérables une attaque formidable pour atteindre l’objectif tant désiré, le 407e au bois de Vaux-Chapitre lui interdit l’accès du fort de Souville et la route de Verdun ».

Les pertes considérables suffisent pour indiquer et la violence du choc et les efforts déployés pour résister : 12 officiers tués (dont un chef de bataillon, un adjudantmajor, un médecin), 17 officiers blessés (dont 6 commandants de compagnie), 9 officiers disparus. La troupe avait perdu 1.179 tués, blessés ou disparus, mais l’ennemi n’était pas passé !

Des pièces officielles, les bulletins de renseignements de la XIe armée, certains documents du G. Q. G. ont souligné la conduite héroïque du 407e qui avait supporté l’une des plus violentes attaques que l’ennemi dirigea contre Verdun.
En 1917, le régiment tient le secteur de Beaumont en Meurthe-et-Moselle puis le secteur de Bray-en-Laonnois, devant le Chemin des Dames. Le 23 août, le général Pétain se faisait présenter les officiers de la division.

En 1918, le régiment est chargé de l’organisation des positions au sud de l’Aisne. Puis des combats violents se déroulent sur le plateau de Coucy-le-Château près de Laon dans l’Aisne. Pour sa brillante conduite durant ces dures journées le 407e était bientôt cité par le général de Maud ‘Huy à l’ordre du 11e C. A. dans les termes
suivants :
« Chargé …….de tenir une position importante formant tête de pont, a, sous le commandement du colonel Devanlay, résisté victorieusement, pendant deux jours et une nuit, à des attaques répétées de violence sans cesse croissante. Maintenu ses lignes, malgré un bombardement continu dans une lutte très rapprochée, avec plusieurs régiments ennemis, qui l’attaquaient en des directions convergentes, contre-attaquant lui-même à plusieurs reprises à la baïonnette et infligeant par ses feux de très lourdes pertes à l’ennemi.
N’a quitté la place que sur l’ordre formel qu’il en a reçu, effectuant son repli en contact étroit avec l’ennemi, dans un ordre parfait, sous un bombardement intense, sans laisser sur le terrain évacué ni ses blessés ni son matériel de guerre. A fait preuve dans ces combats des mêmes superbes qualités de sang-froid, de ténacité et de bravoure dont il avait donné l’exemple à Verdun en conservant toutes ses positions lors de l’attaque allemande du 23 juin 1916 ».

Le régiment participe aux offensives de septembre et octobre 1918. Après la signature de l’armistice le 11 novembre 1918, le 407e stationne un certain temps dans la région d’Ay en Champagne, puis il gagne, par étapes, l’Alsace reconquise et se trouve, le 4 février 1919, à Colmar d’où il assure différents services.

La tâche du 407e était terminée : créé pour la guerre, il ne finissait qu’avec elle. Le 4 avril 1919, le drapeau, quatre fois décoré, ramené au dépôt à Besançon, y était reçu pieusement, par des officiers et des hommes du régiment. Le 14 juillet, à Paris, le drapeau du 407e, emblème sacré de la patrie, symbole du régiment, passait sous l’Arc de Triomphe comme pour montrer encore que le 407e était digne de ses aînés et qu’il ne pouvait pas mourir dans le coeur de ceux qui y avaient appartenu.

 

Source : Historique du 407e Régiment d’Infanterie Imprimerie Berger-Levrault

 

Document lu à la troupe qui reprend l’interrogatoire de quatre soldats français évadés.

Ils font le récit des mauvais traitements qui leur ont été infligés pendant leur captivité. Deux buts à ce texte : inciter les soldats français à tout faire pour ne pas être faits prisonniers et brosser une image non chevaleresque de l’Allemand qui ne respecte pas les règles de la guerre.

Collection privée

 

 

 

Brochure « Souvenez-vous ! La barbarie allemande »

 

Imprimée en 1918. Le texte est de Louis Guillet, les illustrations de M. Casey, un des premiers Américains blessé au service de la France. L’objectif est de stigmatiser les Allemands présentés comme des barbares qui ne respectent ni les civils ni les hommes d’Église. De nombreuses cartes postales et affiches ont repris ce thème.

 

> consulter l'intégralité de la brochure

Collection privée

 

 


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